Il y a encore 4 ans, un de mes principaux problèmes en tant que marketeur était de produire suffisamment de contenus de qualité.
C’était un business cumulatif et simple à appliquer : plus je publiais du contenu, plus j’avais de trafic, et c’était vrai pour mon blog, pour Linkedin…
La clé était de trouver des sujets, rédiger des articles, préparer des posts LinkedIn, créer des visuels, réaliser des vidéos, préparer des newsletters…
La production de contenu demandait surtout du temps et des connaissances.
Ainsi, grâce à mes connaissances et à une bonne routine, j’ai par exemple réalisé 1,6M d’impressions sur Linkedin :
Avec l’intelligence artificielle, tout a changé : produire un bon contenu est devenu extrêmement simple.
En quelques minutes, on peut demander à une IA de rédiger un article, de préparer dix publications LinkedIn, de transformer un article en carrousel ou de générer plusieurs variantes d’un même message…
Le problème est donc en train de s’inverser.
Nous ne manquons plus de contenus. Nous en avons trop.
Et lorsque tout le monde peut produire facilement du bon contenu, ce contenu perd progressivement sa capacité à nous différencier.
C’est précisément pour cette raison que je pense que l’hyper-personnalisation va devenir l’un des principaux leviers de fidélisation et de différenciation dans les prochaines années.
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Quand produire plus ne suffit plus… C’est moins et mieux ?
Je l’ai particulièrement constaté sur LinkedIn.
Pendant longtemps, je publiais quasiment un post par jour.
Cela fonctionnait très bien parce que relativement peu de personnes produisaient régulièrement du contenu avec une véritable valeur ajoutée.
Aujourd’hui, la situation est différente.
- Tout le monde peut publier tous les jours.
- Tout le monde peut demander à ChatGPT de trouver dix idées de posts.
- Tout le monde peut générer un « bon » carrousel LinkedIn en quelques minutes.
Et c’est justement là que les choses deviennent intéressantes pour les experts et créateurs de contenus.
Un carrousel que je réalise aujourd’hui peut encore me prendre deux ou trois heures… et pas 10 minutes.
Pourtant, avec les outils d’IA actuels, je pourrais probablement obtenir une première version en quelques minutes.
Alors, pourquoi continuer à y passer autant de temps ?
Parce que ce qui prend du temps, c’est de trouver les bons exemples, les bonnes informations, la bonne manière d’expliquer un sujet… et surtout l’angle qui va apporter de la valeur.
L’IA sait très bien produire du bon contenu, elle sait synthétiser, elle sait structurer…
Mais elle a encore du mal à apporter spontanément l’expérience personnelle, les anecdotes, les détails métier… et les petits éléments qui font qu’un contenu devient vraiment viral.
C’est cette petite différence qui permet (encore) de différencier un contenu IA et humain, ou plutôt un contenu à haute valeur d’un contenu à moyenne valeur.
Cela ne veut pas dire qu’il faut se passer d’IA, mais qu’il faut rester maître des publications, et si nécessaire y ajouter un petit plus (exemple, anecdote, histoire…).
C’est notamment pour cela que, dans mon livre « Business Express », 80 à 90 % a été écrit à la main, et pas avec l’IA.
Dans ce livre, je ne parle pas d’exemples génériques, d’histoires connues de tout le monde… je parle de mon expérience, de mes anecdotes…
En effet, l’IA va toujours avoir tendance à revenir vers les grands classiques et les solutions de base, la même structure (« Dans un monde où »…) mais le problème, c’est qu’ils sont aussi disponibles partout.
Aujourd’hui, le bon contenu ne suffit plus. Il faut un contenu qui apporte quelque chose que les autres n’apportent pas.
Le but étant d’être identifié comme “contenu à valeur”, et pas “IA Slop” (le contenu de masse générique) comme c’est le cas sur Linkedin :
Cette différence petite différence doit venir de votre expérience, d’exemples vécus, de la connaissance du marché…
C’est là que commence l’hyper-personnalisation, c’est d’adresser un message qui va résonner à l’esprit de votre interlocuteur, au lieu de juste l’intéresser (voire ne pas l’intéresser du tout).
Car dans une masse de contenu, un internaute va distinguer les choses qui s’adressent vraiment à lui, à ses problèmes actuels, à ses enjeux…
Ce n’est pas encore la personnalisation unique à la personne, mais au minimum une personnalisation segmentée, à la fois sur le contenu publiés, les emails, les direct messages…
La personnalisation ne consiste pas simplement à mettre un prénom dans un e-mail
Il y a une confusion fréquente autour de la personnalisation.
Mettre » Bonjour Frédéric » au lieu de » Bonjour, » n’est pas de l’hyper-personnalisation, c’est désormais la base.
De même, la personnalisation ce n’est pas juste mettre « tu » ou « vous » lorsque vous vous adressez à des personnes connues ou pas (en particulier dans le B2B pour les direct messages Linkedin).
La vraie personnalisation, c’est se dire : pourquoi cette personne devrait-elle s’intéresser à mon message, et pourquoi devrait-elle me consacrer de l’attention et du temps ?
Cette deuxième question est fondamentale.
Par exemple, si je demande à quelqu’un de participer à un webinaire pendant une heure, je lui demande en réalité de renoncer à une heure de son travail, de ses rendez-vous ou de sa vie personnelle.
Il faut donc que la valeur perçue soit largement supérieure au temps investi.
Dans l’idéal, la personne doit se dire : « Si je consacre une heure à cet événement, cela va me permettre d’apprendre des choses qui vont me faire gagner deux ou trois heures… «
Elle doit aussi pouvoir “justifier” à son manager le fait de ne pas travailler comme d’habitude, mais “perdre son temps” à se former et à s’informer.
C’est exactement ce qui explique pourquoi une communication générique fonctionne de moins en moins bien.
C’est exactement ce qui s’est passé lorsque nous avons organisé une matinale pour les secteurs du transport, de l’eau, de l’énergie et de la logistique.
La première communication était assez large : nous proposions via un email adressé à ces 4 secteurs une grande matinale “Transport / Logistique / Energie / Eau”.
Sauf, que cela n’a pas bien fonctionné… les prospects ne voyaient pas vraiment en quoi cet événement était vraiment pour eux…
C’est pourquoi, nous avons utilisé l’IA pour resegmenter notre base.
Car nous avions juste un secteur “utilities” qui regroupait eau et énergie, et pas de différenciation entre logistique et transport, et pas de distinction transport de personnes et de marchandises…
Ensuite nous avons réalisé avec l’aide de l’IA des emails mettant en avant les enjeux de chaque secteur, avec les intervenants de leur secteur qui allaient venir, et les sujets abordés.
Et là, le message devenait beaucoup plus intéressant, et le nombre d’inscrits s’est envolé…
Les personnes pouvaient enfin se dire “Oui, cette conférence est vraiment faite pour moi, je vais apprendre des choses, Oui, il y a des confrères qui ont déjà vécu la même chose que moi...”
C’est une règle simple que beaucoup d’entreprises oublient : une personne ne lit pas votre communication en se demandant si votre entreprise est intéressante. Elle se demande si votre message est intéressant pour elle.
La différence est énorme.
Vous devez mériter et gagner l’attention de vos prospects, elle n’est plus obligatoire.
L’hyper-personnalisation commence par la segmentation, et pour le contenu le choix de 2 médias locomotive
La personnalisation, c’est la recherche de la pertinence.
Il faut commencer par identifier les groupes de personnes qui ont réellement des problématiques similaires.
Cela peut être sur le secteur, le besoin, le poste…
C’est cela qui permet de passer d’une communication » produit » à une communication » problème / besoins ».
Au lieu de dire » Nous organisons un webinar sur notre nouvelle solution. » On peut dire » Vous cherchez à réduire le temps consacré par vos équipes à telle tâche ? Nous allons montrer comment trois entreprises ont procédé. «
La deuxième formulation donne immédiatement une raison de s’intéresser au message.
Astuce pratique : avant chaque campagne, écrivez une seule phrase : » Cette personne doit s’intéresser à / lire mon message parce que… «
Si vous n’arrivez pas à terminer cette phrase de manière convaincante, votre campagne n’est probablement pas suffisamment personnalisée.
Attention toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse.
L’hyper-personnalisation ne signifie pas qu’il faut abandonner toute communication de masse.
Par exemple, sur les réseaux sociaux, il existe un véritable seuil de visibilité.
Si vous publiez une fois tous les trois mois, même avec un contenu extraordinaire, vous aurez probablement du mal à construire une audience.
Sur LinkedIn, par exemple, il faut publier régulièrement, animer sa communauté et créer suffisamment d’interactions pour rester présent dans l’esprit des personnes.
Même si ces contenus ne sont pas les plus pertinents, les plus experts… ils permettent de rester en mémoire.
De même, il faut parfois faire des publications grand public (pour gagner en visibilité en dehors de son réseau), et d’autres d’expertise.
Il faut donc trouver un équilibre.
La masse permet d’obtenir de la visibilité. La personnalisation permet de créer de la préférence.
C’est une distinction importante.
C’est pourquoi, je recommande généralement de choisir quelques médias de communication prioritaires (ex un blog et Linkedin, un podcast et des événements…) et de vraiment les travailler plutôt que de vouloir être partout.
Ces canaux vont être la locomotive de votre visibilité, votre vitrine.
En effet, c’est impossible de vouloir faire un podcast, d’être visible sur Youtube, d’être présent sur Linkedin, d’organiser des webinaires…
Il faut faire un choix sur 2 médias “locomotive”, et ensuite utiliser tous les canaux de communication pour entrer en contact avec vos cibles.
Sachant que les emails, les événements physiques, le networking… sont toujours au coeur de votre communication.
La communication devient obligatoirement omnicanale… voire omnisupport.
Envoyer un email pour communiquer est devenu insuffisant.
Il faut penser omnicanal, mais pas uniquement en termes de “canaux de communication” (email, SMS, message Linkedin…).
La communication omnicanale est omni-support.
Par exemple, sur Linkedin, la communication peut se faire via
- Une publication sur la page Entreprise
- Une publication via les profils des collaborateurs.
- Un direct message envoyé à une cible.
- Un événement qui est créé (avec lien vers une page du site) et des invitations à participer à l’événement.
- De la publicité Linkedin Ads (sponsoring de publication)
- Une bannière événementielle pour les salariés de l’entreprise.
- Un message automatique de réponse (détournement de la fonction d’absence de Linkedin Premium)
- …
Il ne faut donc pas penser en termes de canal, mais bien de support de communication.
Par exemple, pour la sortie de mon livre Business Express.
Je ne vais évidemment pas me contenter de publier d’un post LinkedIn annonçant la sortie.
Je peux utiliser mes différents profils sociaux, créer des visuels spécifiques, communiquer sur LinkedIn, Facebook, Instagram ou X, organiser des webinaires, contacter des influenceurs, envoyer des messages directs, utiliser l’e-mail et éventuellement le SMS.
Voici par exemple mon visuel de bannière Linkedin :
Certains de ces réseaux ne sont pas forcément mes canaux les plus performants.
Mais ce n’est pas forcément grave.
L’objectif n’est pas toujours de générer directement une vente à partir de chaque publication.
Il s’agit aussi de créer un événement autour du lancement.
C’est une nuance importante.
L’omnicanal ne consiste pas non plus à copier-coller le même message sur dix plateformes.
Il consiste à utiliser plusieurs points de contact pour créer une impression de présence et donner davantage d’importance à un événement.
Et les messages peuvent être adaptés selon le canal.
- Un post LinkedIn peut être public.
- Un message LinkedIn peut être personnel.
- Un e-mail peut être plus détaillé.
- Un SMS peut être beaucoup plus court.
- Un appel téléphonique peut permettre une véritable conversation.
- …
C’est cette combinaison de différents canaux et supports qui fait le succès.
Le téléphone, les SMS et les messages personnels retrouvent de la valeur
Nous sommes tellement habitués aux campagnes automatisées que les canaux personnels deviennent paradoxalement plus efficaces.
Lors d’une de nos dernières matinales, les SMS que j’ai envoyés directement depuis mon téléphone aux contacts que je connaissais personnellement sont ceux qui ont le mieux fonctionné.
Même si le message était copié collé, je personnaliser le SMS selon la personne (prénom, tutoiement ou pas, liaison avec notre dernier échange…).
Un simple : » Bonjour Sébastien, j’espère que vous allez bien depuis le salon All4Customer. De mon côté, j’organise une matinale sur… et je pense que cela pourrait vous intéresser… «
C’est bien plus efficace qu’une campagne impersonnelle, et que je ne suis pas un inconnu, mais aussi parce que le destinataire ressent que si je lui envoie ce message ce n’est pas pour rien, qu’il y a de la valeur (et indirectement que j’engage ma réputation).
Cela vaut aussi pour LinkedIn.
Personnellement, j’essaie de souhaiter les anniversaires, les changements de poste ou certaines étapes professionnelles de mes contacts pour maintenir du lien, et ne pas être un simple inconnu.
Mais c’est justement l’accumulation de ces petits détails qui construit une relation.
Selon moi, la fidélisation passe par des rendez-vous réguliers et une relation qui s’entretient.
Elle se construit avec des interactions régulières.
Chez Eloquant, nous avons par exemple un club utilisateurs, la CX Factory :
Nous rencontrons régulièrement nos clients pour recueillir leurs feedbacks, échanger avec eux et mieux comprendre leurs attentes.
Nous avons ainsi récemment organisé une matinale client.
L’objectif n’était pas simplement de présenter notre entreprise.
Les participants pouvaient rencontrer la R&D et la direction, découvrir la roadmap, voir les nouveautés et échanger directement avec les équipes.
Ils pouvaient aussi assister à une conférence, et participer à un moment de “team building” en équipe pour apprendre à se connaître de manière informelle (via un quiz fun).
Ce sont des choses qui ont une valeur particulière parce qu’elles sont liées au fait d’être client et de participer à l’événement.
Nous avions créé avec l’intelligence artificielle une véritable charte graphique autour du thème de la navigation.
J’ai utilisé ChatGPT et Gemini pour reprendre les images de la péniche de l’événement, et en faire le thème « Tous à bord » :
Que j’ai complété avec une recherche graphique sur Pinterest pour m’inspirer sur des designs de billets d’embarquement :
Le résultat a été une charge graphique complète (email, PPT, bannières…) :
Toujours dans l’objectif de la personnalisation et de l’adaptation, suite à notre matinale clients, nous avons ensuite rejoué l’événement avec un webinaire.
C’était logique puisque tout le monde ne peut pas forcément se déplacer.
Mais nous n’avons pas simplement reproduit l’événement à distance.
Le présentiel conservait certains avantages : la conférence exclusive sur les neurosciences, les rencontres avec la R&D, les échanges entre clients, les livres, une chanteuse, un quiz fun, un cocktail avec un magicien…
Le webinaire s’est concentré sur la partie Eloquant, avec une durée beaucoup plus courte.
C’est, à mon sens, une bonne approche de l’omnicanal.
Ne cherchez pas à rendre tous les canaux identiques.
Donnez à chacun une fonction :
- Le digital apporte la facilité d’accès.
- Le physique apporte l’expérience.
- Le téléphone apporte la relation.
- Le SMS apporte l’immédiateté.
- LinkedIn apporte la visibilité et le lien professionnel.
- L’e-mail permet davantage de détails.
Et les objets publicitaires peuvent aussi prolonger l’expérience dans le temps, que cela pour événentialiser ou pour marquer les esprits dans le temps.
Le présentiel et le physique devient particulièrement intéressant dans un monde saturé de digital
C’est probablement l’un des paradoxes actuels.
Plus notre communication devient numérique, plus le présentiel et les objets physiques peuvent retrouver de la valeur.
Lors de nos événements, nous offrons régulièrement des livres, des goodies…
Nous avons par exemple organisé une matinale consacrée aux neurosciences dans la relation client.
Nous avons offert à plusieurs participants le livre “300 millions d’expériences clients” de Marc Van Rymenant qui faisait une conférence.
Nous pouvions évidemment envoyer le PDF, mais ce n’est pas la même chose.
Un PDF arrive dans une boîte mail. Il peut être téléchargé et ne jamais être ouvert.
Un livre physique arrive dans les mains de la personne.
Il peut être posé sur une table, emporté chez elle, feuilleté plusieurs jours plus tard.
L’objet prolonge la communication.
Nous avons fait quelque chose de similaire lors d’une matinale destinée au secteur de l’assurance et des mutuelles, avec des goodies liés à la thématique de la fidélisation et surtout un livre blanc issu d’une étude qui avait été présentée en exclusivité
Ainsi, la personne repart avec quelque chose, elle garde une trace de l’événement.
Il faut cependant faire attention à une chose.
Un objet publicitaire personnalisé n’est pas intéressant que parce qu’il porte votre logo.
Il est intéressant s’il est utile, cohérent et mémorable.
Par exemple, question utilité, un chargeur rapide USB avec votre logo va rester longtemps dans les mémoires.

Avant d’acheter 500 objets publicitaires, posez-vous ces questions :
- Est-ce que cette personne va réellement l’utiliser et le garder ?
- Est ce que cela va soutenir mon message ?
- Est ce que cela va valoriser mon entreprise ?
Si la réponse est non, il y a probablement un problème.
C’est également une question écologique.
Produire un objet qui finira quelques jours plus tard à la poubelle n’a pas beaucoup de sens.
Cela coûte de l’argent, consomme des ressources et peut même dégrader l’image de l’entreprise.
Je préfère donc un objet moins spectaculaire mais réellement utile qui sera gardé au quotidien.
Un chargeur de téléphone, une tasse, un accessoire… que la personne va utiliser régulièrement peuvent avoir davantage de valeur qu’un gadget sophistiqué qui sera mis de côté.
L’idéal est que l’objet reste sur le bureau.
Chaque fois que la personne l’utilise, elle repense à l’entreprise.
Le goodie doit raconter quelque chose
Les meilleurs objets publicitaires sont ceux qui matérialisent le message de la campagne.
Lorsque nous avions lancé une offre d’intelligence artificielle autour des chatbots et callbots, nous avions envoyé des clés USB en forme de petits robots.
Le lien était immédiat, le robot représentait l’intelligence artificielle.
L’objet rappelait le produit, et et surtout, il avait une fonction.
Autre exemple lorsque je travaillais chez un éditeur de CRM : nous avions envoyé un cadenas à certains clients pour illustrer la notion de sécurité.
Le cadenas n’était pas simplement un objet publicitaire, il matérialisait une promesse de sécurité des données.
Même principe avec un éditeur de logiciels RH qui avait envoyé des sachets de thé à certains prospects avec un message du type : » Ça vous dirait de prendre un café ou un thé ensemble ? «
Le sachet de thé transformait une invitation abstraite en expérience concrète.
C’est particulièrement puissant en Account-Based Marketing.
Plutôt que d’envoyer une campagne générique à plusieurs milliers de personnes, vous pouvez sélectionner quelques dizaines de comptes stratégiques et leur proposer une expérience beaucoup plus personnalisée.
Par exemple, nous avons envoyé suite à une formation un pack de goodies à nos clients, qui l’ont partagé sur les réseaux sociaux
La personnalisation ne nécessite d’ailleurs pas toujours un budget important.
Lorsque je travaillais chez un éditeur de logiciels de gestion et de comptabilité, nous envoyions parfois pendant l’été une carte postale à nos meilleurs revendeurs.
Parfois, c’était simplement une carte avec un message de bonnes vacances.
Parfois, nous envoyions des tongs, réelle ou sous la forme de gadget :

L’objectif n’était pas de vendre quelque chose.
Il était simplement de rester présent dans la relation.
J’ai récemment reçu moi-même une carte de voeux de Patrice Giraudon qui organise l’OCX Nantes.
Une vraie carte postale, alors que presque plus personne n’en envoie, elle m’a marqué.
C’est assez révélateur.
Dans un monde où tout le monde automatise ses communications, ce qui paraît archaïque peut parfois redevenir différenciant.
Les clients ne doivent pas être traités comme des prospects
C’est un autre point essentiel de l’hyper-personnalisation.
Une entreprise ne devrait pas envoyer exactement les mêmes communications à ses prospects et à ses clients.
Un prospect doit découvrir l’entreprise, alors qu’un client la connaît déjà.
Il faut donc lui parler différemment.
Un client peut être intéressé par une nouvelle version, une innovation, une roadmap, une rencontre avec la R&D, un retour d’expérience d’un autre client ou une invitation réservée.
Si vous lui envoyez une communication générique qui ressemble à celle destinée à un prospect, il peut légitimement se demander : » Pourquoi est-ce que je suis concerné ? «
Il faut donc construire une véritable stratégie de communication client.
Cela peut passer par des e-mails dédiés, des messages dans le produit, des invitations spécifiques, des appels, des événements utilisateurs ou des communications personnalisées des commerciaux.
Et surtout, cela doit être programmé.
La relation client ne doit pas dépendre uniquement de la bonne volonté d’un commercial au moment où il pense à appeler son client.
Pour les meilleurs clients, je recommande d’aller encore plus loin.
Une fois par an au minimum, organisez une vraie réunion stratégique.
Pas un simple comité de pilotage, pas une réunion où l’on vérifie que tout fonctionne… il faut prendre de la hauteur.
Inviter si possible des interlocuteurs de niveau hiérarchique supérieur.
Parler des objectifs de l’entreprise, de ses projets, de ses difficultés et de ses ambitions.
Puis présenter ce que vous préparez de votre côté.
- Quelles innovations arrivent ?
- Quels nouveaux services pourraient répondre vos besoins ?
- Quels sont vos enjeux pour l’année à venir ?
- …
Cette discussion transforme progressivement la relation fournisseur-client en relation de partenariat.
Et c’est probablement l’un des meilleurs leviers de fidélisation.
L’IA peut justement vous aider à faire de l’hyper-personnalisation
Il est impossible de parler d’hyper-personnalisation sans parler de l’intelligence artificielle.
L’IA n’est pas forcément le problème, elle peut même être une partie de la solution.
Personnellement, je l’utilise par exemple pour préparer des communications personnalisées.
Elle peut m’aider à générer une première version d’un e-mail, proposer plusieurs angles selon le profil du destinataire, créer une image adaptée ou reformuler un message.
Mais je ne l’envoie pas tel quel :
- Je relis.
- Je modifie.
- J’ajoute une information personnelle.
- Je change une phrase.
- Je supprime ce qui sonne trop artificiel.
- Je remets mon style.
C’est cette dernière étape qui fait la différence.
L’IA peut faire la masse. L’humain doit faire la différence.
C’est probablement l’une des règles les plus importantes à retenir.
Si vous demandez à l’IA de produire 500 messages parfaitement identiques dans leur logique, vous allez simplement industrialiser la banalité.
En revanche, si vous utilisez l’IA pour préparer 500 premières versions que vous pouvez ensuite enrichir, contrôler et personnaliser intelligemment, vous augmentez considérablement votre capacité de production sans perdre complètement la dimension humaine.
Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de construire une usine à gaz.
Vous pouvez commencer avec quelques informations :
- Qui est cette personne ?
- Depuis combien de temps la connaissez-vous ?
- Quel est son secteur ?
- Quels sont ses enjeux ?
- A-t-elle déjà participé à un événement ?
- A-t-elle déjà échangé avec quelqu’un de votre entreprise ?
- …
Et surtout : quelle information personnelle ou professionnelle pertinente pouvez-vous utiliser pour rendre votre message réellement utile ?
Un message peut alors devenir beaucoup plus pertinent.
» Bonjour Sophie, nous organisons un webinar sur la relation client. » devient : » Bonjour Sophie, comme vous travaillez actuellement sur la fidélisation de vos clients, je pense que cette rencontre pourrait vous intéresser. Nous aurons notamment un retour d’expérience de… «
On ne parle plus seulement de l’entreprise.
On parle de la personne.
Et c’est cela qui change tout.
L’hyper-personnalisation sera un avantage concurrentiel
Nous allons probablement continuer à assister à une explosion du volume de contenus.
Les entreprises vont publier davantage.
- Les IA vont produire davantage.
- Les campagnes seront plus rapides à créer.
- Les visuels seront plus faciles à générer.
- Les vidéos seront plus simples à produire.
- Les messages pourront être déclinés à grande échelle.
Mais cela ne signifie pas que les consommateurs, prospects ou clients auront davantage de temps à consacrer aux entreprises.
C’est même probablement l’inverse, que leur attention va devenir encore plus rare.
Dans cette situation, les marques qui vont tirer leur épingle du jeu ne seront pas nécessairement celles qui produisent le plus.
Ce seront celles qui parviennent à créer les interactions les plus pertinentes :
- Une invitation réellement adaptée qui apporte de la valeur sur un sujet clé.
- Un appel au bon moment selon les besoins.
- Un message LinkedIn qui montre que vous connaissez la personne.
- Un objet utile qui reste sur le bureau.
- Une conférence où le client peut échanger avec ses pairs.
- Une conversation téléphonique plutôt qu’un énième e-mail.
- …
Pris séparément, ces éléments peuvent sembler anecdotiques.
Pris ensemble, ils construisent quelque chose de beaucoup plus puissant : une relation.
Et c’est probablement cela, le véritable enjeu de l’hyper-personnalisation.
La différence ne sera pas forcément de savoir qui peut produire le plus de contenu.
Elle sera de savoir qui est capable de faire sentir à ses clients qu’ils ne sont pas simplement une ligne dans une base de données mais que vous comprenez leurs besoins et enjeux.
L’IA va nous permettre d’industrialiser une partie de la communication.
À nous de conserver ce qui ne doit surtout pas être industrialisé : l’intérêt que nous portons réellement aux personnes.
FAQ sur l’hyper-personnalisation
Qu’est-ce que la véritable hyper-personnalisation en marketing ?
L’hyper-personnalisation va bien au-delà de l’insertion automatique d’un prénom dans l’objet ou le corps d’un e-mail (qui est le niveau zéro de la personnalisation).
Elle consiste à adresser un message qui répond spécifiquement aux enjeux, au secteur d’activité, aux problématiques ou au rôle exact du destinataire.
Pourquoi est-il fondamental de se demander « Pourquoi ce prospect devrait-il m’accorder son attention ? » ?
L’attention des prospects est devenue une ressource rare.
Lorsque vous demandez à quelqu’un de vous accorder du temps (par exemple 1h pour un webinaire), il doit renoncer à son travail ou sa vie perso.
La valeur perçue de votre message doit donc être largement supérieure au temps investi par le destinataire.
Comment l’IA peut-elle aider à mettre en place l’hyper-personnalisation ?
L’IA permet de resegmenter efficacement des bases de données imprécises et de décliner des messages personnalisés à grande échelle.
Par exemple, au lieu d’envoyer un mail générique à une base hétérogène, l’IA aide à rédiger des variantes ciblant précisément les enjeux propres à chaque sous-secteur.
Quelle est la règle d’or à valider avant de lancer une campagne marketing ultra-personnalisée ?
Avant de lancer une campagne, écrivez cette phrase : « Cette personne doit absolument s’intéresser à mon message parce que… ».
Si vous n’arrivez pas à la compléter de manière percutante et convaincante pour le destinataire, votre message n’est pas suffisamment personnalisé.
Faut-il abandonner la communication de masse pour faire uniquement de l’hyper-personnalisation ?
Non, il faut trouver un équilibre. La communication de masse reste nécessaire pour maintenir un seuil de visibilité et construire une audience globale.
La règle à retenir est : La masse apporte la visibilité, l’hyper-personnalisation crée la préférence et du relationnel.
Quelle est la différence entre une approche omnicanale et omnisupport ?
L’approche omnisupport consiste à décliner sa communication sous toutes les formes possibles au sein même d’un canal ou à travers différents formats (posts d’entreprise, profils de collaborateurs, messages directs, visuels, bannières, événements) plutôt que de simplement copier-coller un même e-mail sur plusieurs réseaux.
En quoi l’hyper-personnalisation deviendra-t-elle un avantage concurrentiel majeur ?
Alors que la majorité des acteurs vont céder à la facilité en produisant massivement du contenu IA générique, ceux qui sauront conjuguer la puissance d’analyse de l’IA avec une hyper-personnalisation humaine et ciblée captureront l’attention et la confiance des clients.




























