J’ai le plaisir de recevoir Catherine Daar, spécialiste de l’application de l’IA au Marketing.
Dans ce dossier, Catherine nous explique comment elle a confié son marketing à une armée d’agents IA pour gagner en efficacité.
Sommaire de l'article
Le point de départ… oser passer du mode « question / réponses » au mode Agent

Il y a quelques mois, un gros client m’a appelé.
Il me demandait une étude de marché complète pour lancer une nouvelle offre.
Pas un mini rapport de 50 slides, mais un dossier complet, avec une validation des problématiques clients, une analyse détaillée de la concurrence directe et indirecte avec ses tarifs, une proposition de valeur en béton, une analyse du potentiel de marché, des idées de stratégies…
Bref, le genre de dossiers passionnant, mais qui prend énormément de temps.
Avant l’IA, j’aurais planifié trois semaines de délais (avec l’aide d’un assistant), et facturé quelques milliers d’euros au client.
Mais cette fois, j’ai changé de méthode… Et non, je n’ai pas « demandé à ChatGPT ».
J’ai lancé une petite armée d’agents IA, avec les agents Claude qui creusaient chacun un angle différent, d’autres qui re-validaient les sources une par une pour contrôler chaque chiffre… et une poignée d’agents dont le seul boulot était d’attaquer les conclusions des premiers.
Et là, j’ai eu mon rapport prêt à être relu, vérifié, amélioré, optimisé… en une nuit.
J’ai passé encore plusieurs heures à retravailler toute cette matière première, mais j’ai été scotchée par le travail réalisé en si peu de temps, et par la justesse des données.
Je précise parce que ça compte pour la suite : je ne suis pas développeuse… Je n’ai pas écrit une ligne de code, tout cela en utilisant les agents de Claude.
Petite astuce : Nomme tes fichiers avec un préfixe clair (ex: BRAND_GUIDE_2026.md, METHODOLOGIE_ETUDE_MARCHE_v3.md) et mets-les tous dans un seul Project. Claude les référence beaucoup plus efficacement.
Depuis, ma vie de consultante, et désormais de consultante IA, a radicalement changé, même mon point de vue sur mon métier à changé.
Je ne vends plus des slides, je ne vends plus des connaissances, je ne vends plus du temps… je vends des actions à mettre en place et des résultats.
A noter : vous pouvez aussi intégrer l’IA dans vos offres de manière transparente. Par exemple, vous pouvez inclure dans le contrat un accès temporaire au Project Claude dédié au client pour qu’il puisse poser des questions sur le livrable pendant 30 jours.
« Discuter avec une IA » et « lancer un agent », ce n’est pas la même chose

Voici une métaphore un modèle d’IA tout seul, c’est un cerveau dans un bocal.
Il sait lire, réfléchir, écrire.
Mais il ne peut rien faire de tout seul, pas ouvrir un fichier, pas vérifier une source, pas produire un document que vous retrouverez demain matin sur votre bureau.
Un agent, c’est ce même cerveau, auquel on a donné trois choses:
- Des mains.
- Des outils pour lire vos fichiers, chercher sur le web, écrire à votre place.
- Un atelier.
- Avec un espace avec vos données, les modèles, les règles maison.
- Mais utilisez plusieurs Projects Claude en parallèle (un par client ou par vertical) pour éviter la contamination des connaissances et maintenir une confidentialité maximale. Nommez vos Projects avec la convention CLIENT_NOM_YYYY et archivez-les après la mission pour garder un historique propre.
- Une conscience.
- Il regarde où il en est, il agit, il vérifie ce qu’il vient de produire, et il recommence jusqu’à ce que ce soit sûr, sans qu’on ait besoin de repasser derrière à chaque étape.
C’est cette boucle qui change tout.
On ne « discute » plus avec l’outil.
On délègue, et on apporte sa valeur ajoutée.
Avec Claude, passez directement en mode « Projets » + Connecteurs + extensions via Claude Cowork ou Claude Code ou l’API.
Les connecteurs et les extensions te permettent d’ouvrir ton système et ne plus être simplement à travailler sur des fichiers.

Crée un « Team Project » où chaque agent a un rôle fixe (Researcher, Critic, Validator, Synthesizer) et activez le « Extended Thinking » pour les tâches complexes.

5 tâches où les agents IA me font vraiment fait gagner du temps

En tant que consultante, voici 5 tâches où les agents IA font la différence.
- Le reporting.
- Vous déposez les exports du mois (Analytics, Meta, campagne emailing, vos notes en vrac..).
- L’agent sort le rapport dans votre modèle, dans votre ton, avec le comparatif mois par mois et une liste « à vérifier » pour vous. Vingt minutes de relecture au lieu de deux heures de rédaction.
- C’est l’usage que je pousse en priorité auprès des équipes marketing en ce moment, parce que le reporting, tout le monde le déteste, et personne ne le supprimera jamais.
- Utilisez la fonctionnalité Artifacts de Claude pour générer le rapport en version modifiable en temps réel, puis exporte en Notion ou Google Docs via intégration.
- La veille.
- Chaque matin, mon agent lit mes sources et me livre une synthèse, pas quarante liens à trier, une synthèse, avec ce qui mérite mon attention et pourquoi.
- Programmez-le pour qu’il t’envoie uniquement les insights avec un score d’urgence (1-10) via email ou Slack.
- À l’échelle d’une équipe, cela devient de la veille concurrentielle, du suivi de mentions, du repérage de tendances avant que tout le monde les ait vues.
- L’étude de marché avec des agents IA
- Si vous ne retenez qu’une chose de tout cet article, c’est que pour une grosse question, on ne lance pas un agent, on en lance plusieurs, sur des angles différents, avec au moins un qui a pour seul rôle de contredire les autres.
- C’est une vieille discipline de rédaction, le contradicteur qu’on assigne exprès, appliquée à l’IA.
- Et c’est ce qui différencie un rapport à vérifier, d’un rapport pré-argumenté.
- Utilisez aussi la technique du “Debate Framework” avec 3 agents (Optimiste, Pessimiste, Réaliste) qui débattent pendant 3-4 rounds avant de produire la synthèse finale. Ajoute dans le prompt : « À chaque round, cite explicitement les arguments des autres agents avant de répondre. » Claude gère les conversations multi-agents de façon exceptionnelle. En alternative essayez la technique “Tree of Thoughts” (ToT) avec Claude. Vous faites explorer plusieurs chemins de raisonnement en parallèle avant de choisir le meilleur. Prompt : « Explore 3 approches différentes, évalue-les sur 5 critères, puis choisis la meilleure et développe-la. »
- Pour les études de marché, utilisez la technique de l’agent « Avocat du Diable ». Son rôle est de remettre en question les conclusions des autres avec des contre-arguments et des faiblesses méthodologiques. Claude excelle dans ce rôle critique.
- Ajoute toujours : « Cite tes sources avec liens directs et date de consultation. Si tu ne peux pas, marque [SOURCE NON VÉRIFIÉE] en rouge. »
- N’oublie pas l’Agent de Stratégie qui prend tous vos rapports précédents et vous propose une roadmap marketing trimestrielle avec priorisation des actions selon ROI estimé. Donnez-lui accès à tes OKR et KPIs pour qu’il calcule lui-même les projections.
- La déclinaison de contenu dans votre ton.
- Un webinaire, une étude, un article long : l’agent le décline en posts, en emails, en scripts courts, dans votre style, parce qu’il travaille dans votre atelier avec vos anciens contenus sous les yeux, pas depuis une page blanche.
- Entraînez un agent en lui donnant 5 à 10 de vos meilleurs contenus (article de blog, post Linkedin…). Demandez-lui ensuite de générer votre style dans un skill (ton, structure, tics de langage) qu’il réutilisera partout.
- Les tâches persos, votre meilleur terrain d’entraînement.
- Mes tout premiers agents ne servaient pas mon business, mais ma vie personnelle.
- Par exemple anticiper mes menus de la semaine avec mes contraintes alimentaires, le tri de ma to-do, l’analyse de mes investissements…
- Ce sont des actions à enjeu faible, mais avec un usage et une utilité réelle, ce qui permet de mesurer la puissance de l’IA.
- Commencez là, avant de toucher à quoi que ce soit qui concerne vos clients.
Comment savoir quand utiliser un agent IA ?

Ne commencez jamais par l’outil, commencez par trouver la tâche à accomplir avec l’IA.
Posez vous ces trois questions.
- Quelle tâche ?
- Identifier cette tâche qui revient chaque semaine, qui vous ennuie, qui est du copié-collé…
- Par exemple un rapport, une synthèse de réunion, une première version de quelque chose….
- Le but n’est pas de transformer son entreprise avec l’IA mais de gagner du temps.
- Quelles sont les sources ?
- Un agent a besoin d’accéder aux données (fichiers, exports, boîte mail…).
- Si tout est enfermé dans un logiciel verrouillé, changez de candidat pour débuter.
- Qui valide le résultat final ?
- Cela doit être validé avant de construire l’agent, pas après.
- Ce que l’agent a le droit de faire seul, et ce qui doit être validé.
- L’agent propose, l’humain valide, en particulier pour tout ce qui touche l’argent, les clients, ou ce qui sort de l’entreprise.
- Ajoute systématiquement dans le prompt : « Si tu manques de données fiables, pose une question précise à l’utilisateur au lieu de supposer. » Claude respecte très bien cette consigne quand elle est répétée.
Ensuite on teste deux semaines sur des données réelles, en parallèle de la méthode actuelle.
On compare, on ajuste, et seulement à ce moment-là, on élargit.
Les 3 pièges qui font échouer les projets d’Agents IA

Voici les erreurs à ne pas commettre :
- L’agent qui est trop « gentil » et qui ne challenge pas vos idées, les données…
- Mal cadré, un agent ne dit presque jamais « je ne sais pas ».
- Il invente un chiffre crédible, et souvent on ne le voit même pas passer.
- Il faut exiger que chaque donnée soit tracée jusqu’à sa source, et qu’une info manquante déclenche une question plutôt qu’une improvisation.
- Toute la différence entre une démo qui impressionne en réunion et une vraie aide au quotidien.
- Vous pouvez aussi utiliser Claude pour faire du “Reverse Prompt Engineering”. Donnez-lui un excellent résultat et demandez-lui de recréer le prompt parfait qui l’a généré. C’est l’une des meilleures façons d’améliorer rapidement ses compétences en prompting.
- L’automatisation sans vérification.
- La validation humaine reste au coeur des process, même si ce n’est pas systématique.
- L’IA ne « comprend » pas ce qu’elle fait, c’est l’humain qui sait ce qui est bien ou pas.
- La sur-ingénierie.
- Si un bon rappel dans votre agenda suffit, ce n’est pas la peine de faire appel à l’IA pour vous envoyer une notifiction.
- La bonne question n’a jamais été « Qu’est-ce que l’IA peut faire ? « , mais « Est ce que cela apporte de la valeur ajoutée ou est ce que cela réduit mes coûts ? »
- Et parfois, ce n’est pas nécessaire de faire de l’IA.
Un agent IA cela peut coûter cher !

Ce dernier point, on en parle peu, il compte pourtant autant que le reste.
Un agent qui tourne, cela brûle des ressources naturelles, et cela coûte cher.
Sans garde-fou, en mode API le paiement à l’usage peut coûter très cher…
Surveillez votre consommation avec un dashboard (via Claude + Google Sheets). Si nécessaire, mets des limites / jour.
Utilise les modèles plus léger (Sonnet, Opus….) et pas Fable pour les tâches simples. Fais le gros du travail (recherche, extraction) avec des modèles plus légers via routing, sauf si cela nécessite une réflexion élevée.
Et côté écologique, l’IA agentique est très gourmande en ressources.
Lancer une flotte d’agents pour une bricole n’a de sens ni écologique ni économique.
Ma discipline, du coup, est simple : un agent uniquement pour les tâches à vraie valeur ajoutée, l’analyse d’un fichier, un rapport, une étude qui aurait pris des heures à un humain.
Pour le reste, souvent, la vieille méthode manuelle reste plus rapide, moins chère, moins polluante.
Et parfois l’outil le plus sobre, c’est encore de le faire soi-même.
Cela n’a l’air de rien, mais c’est peut-être le vrai marqueur de maturité sur ce sujet : savoir quand ne pas lancer d’agent.
Ce que ça change pour le marketing, les consultants…
C’est simple : pendant vingt ans, j’ai vendu du temps humain qualifié.
Ce qui se vend maintenant, ce n’est plus le temps passé, c’est le résultat, fiabilisé.
Mais il faut guider ses agents, et valider les résultats.
C’est la différence entre un gadget et un vrai outil de production.
Le cadre qu’on met autour, les accès, les règles, les garde-fous, la validation, fait toute la différence, tout comme la connaissance du métier : savoir où se trouve la douleur qui vaut de l’argent.
La valeur a glissé de la technique vers la compréhension du métier.
Votre expérience n’a jamais valu aussi cher... À condition de lui donner des mains.
A noter : À la fin de chaque mission, lancez un « Retrospective Agent » qui fait un REX, une analyse externe… pour de l’amélioration continue.
Vous souhaitez intégrer Claude dans votre marketing ?

Tout le monde sait que l’IA change la donne, mais peu savent l’exploiter à 100% dans leur entreprise..
C’est là que j’interviens : je conçois des agents IA sur mesure et clés en main pour automatiser vos opérations, vos ventes et votre service client, sans aucune équipe technique requise.
Parallèlement, je propose des formations et ateliers pratiques pour apprendre à vos équipes à intégrer l’IA dans leur quotidien, transformant leur façon de penser et de travailler.
Mon approche repose sur l’humain et le concret : j’essaie de comprendre votre business avant de penser technologie.
Fort de 25 ans d’expérience en marketing pour des marques mondiales (Nescafé, OMS, UEFA, Clarins), je mon but est d’identifier les chronophages pénalisent votre croissance.
Je vous aider à investir dans des résultats réels, qui apporteront des résultats sur la durée.
Pour en savoie plus, vous pouvez me contacter sur LinkedIn.


