La SASU est l’un des statuts les plus intéressants lorsque l’on a une activité de consultant, lorsque l’on est salarié avec une activité personnelle importante ou encore lorsque l’on est au chômage et que l’on créer son entreprise en parallèle.
En effet, elle permet de déduire les frais, de prendre en compte la TVA, de se payer uniquement via des dividendes (sans se verser de salaire)… avec une structure relativement légère.
Les frais de structure sont limités, et dès que vous faites plus de 2000 € de chiffre d’affaires par mois.
Voici, par exemple, les principaux postes de charge de ma SASU :
- 3000 € de frais d’expert-comptable (j’ai fait le choix d’un expert-comptable en ligne, mais j’aurai pu passer par une plateforme où je devrais gérer la partie administrative. Ce genre de plateforme coûte dans les 500 € / an, mais elle nécessite de passer plus de temps sur la gestion (1 heure par semaine mini, versus 15 minutes avec un expert-comptable dédié).
- 1500 € / an de taxe diverse (CFE…), mais cela dépend bien entendu du chiffre d’affaires, de l’utilisation de bureaux physiques…
- 360 € / an pour un compte bancaire (mais il est possible de moins payer si on souscrit à une banque en ligne).
- 200 € / an d’assurance responsabilité professionnelle.
- 50 € / an de publication des comptes.
- …
En option une multirisque pro pour un local ou du matériel (200-1 000 €/an).
Il faut donc compter environ de 5000 € / an (hors impôts sur les société et rémunération du dirigeant) si l’on fait appel à un expert comptable, sinon 2500 € / an si l’on utilise une plateforme en ligne.
En revanche, si vous faites moins de 2000 € de chiffre d’affaires par mois, alors vous devez plutôt choisir un statut de type Auto-Entrepreneur.
En tant qu’auto-entrepreneur vous aurez bien moins de charges (pas de comptable, pas de déclaration de TVA tous les mois…), mais en contre partie vous paierez plus de taxes et vous ne pourrez plus déduire vos charges.
Sommaire de l'article
Voici une comparaison des avantages et inconvénients d’une SASU versus une auto-entreprise :
|
Critère
|
SASU
|
Auto-entrepreneur
|
|---|---|---|
|
Avantages
|
Crédibilité professionnelle
Déduction des charges réelles Flexibilité pour capital/associés |
Création gratuite et rapide
Comptabilité simplifiée Cotisations proportionnelles au CA Exonération de TVA (sous seuils) |
|
Inconvénients
|
Frais plus élevés
Comptabilité complexe Cotisations sociales même sans revenu (si rémunéré) Formalités plus lourdes
|
Plafonds de CA (188 700 € vente, 77 700 € services en 2025)
Pas de déduction des charges Protection sociale limitée Image moins pro Revenus déduis du chômage |
|
Idéal pour
|
Un freelance qui fait beaucoup de chiffre d’affaires, pour un chômeur qui lance son entreprise, si l’on a beaucoup de charges à déduire, si on a une activité en parallèle d’un travail de salarié…
|
Idéal pour un démarrage simple ou des petits projets afin de pouvoir facturer, faible investissement initial, peu de connaissances en gestion nécessaire…
|
Il n’y a vraiment pas d’excuse, avec tous les outils en ligne vous pouvez facilement créer votre entreprise.
Par exemple, vous pouvez créer une SASU en ligne avec Contract-Factory.
Vous suivez un tuto en ligne afin de fournir les éléments clés.
Quelles sont les étapes pour la création d’une SASU en France ?
1. Définir votre projet de création de SASU

-
- L’objet social, c’est l’activité principale de la SASU (ex. : conseil en informatique, e-commerce, restauration).
- Le nom de la société, c’est à dire le nom commercial et la dénomination sociale (qui peuvent différer par exemple Comuto SA est le nom de la société qui gère le service « BlaBlaCar »). Souvent on a un projet d’entreprise, mais au cours de la création, on peut changer de nom commercial.
-
- Le siège social, c’est dire où la société sera domiciliée (domicile, local commercial, société de domiciliation). Au départ, mieux vaut mettre son domicile.
- Le capital social, au minimum 1 €, mais vous verrez qu’il faut plutôt être généreux. Un capital de 1 € peut nuire à la crédibilité face aux banques ou clients, et vous aurez de toute manière besoin de cash pour faire tourner l’entreprise.
- Le régime fiscal, soit l’impôt sur les sociétés (IS), ou optionnellement l’impôt sur le revenu (IR – possible 5 ans maximum).
- Le régime social. Le président (souvent vous-même) est assimilé salarié, avec cotisations sociales sur sa rémunération. C’est intéressant de se verser un salaire pour la retraite, acheter un appartement, bénéficier d’aides sociales… mais cela coûte TRES TRES cher !
Dans mon exemple ci dessous, il faut 90 000 € de chiffre d’affaires pour se verse 2 708 € de salaire net / mois (en prenant en compte 25 000 € de charges à déduire) :
Il faut donc bien anticiper le fait que le chiffre d’affaires, n’est pas un salaire…
D’où l’importance de déduire systématiquement vos frais professionnels (ex. : ordinateur, téléphone, déplacements…) pour réduire l’impôt sur les sociétés.
Par exemple, un ordinateur à 1 000 € réduit votre bénéfice imposable de 150 € (IS à 15 %).
Pour votre recherche de nom commercial, utilisez INPI.fr pour vérifier la disponibilité du nom (la recherche est gratuite), et si nécessaire déposez une marque (environ 200 €).
Ce qui est important, c’est de vérifier que PERSONNE n’a déposé une marque similaire dans votre secteur (la « classe » dans la nomenclature INPI).
Sinon, vous risquez d’être attaqué en justice.
Par exemple, au lors du lancement du Numérikissimo (l’annuaire du top acteurs du numérique), nous avions pensé l’appeler « Qui est qui du numérique », or c’est une marque trop proche du « Who’s Who » (qui est qui), qui est une marque déposée.
Cependant, n’oubliez pas aussi de vérifier que le nom de domaine est disponible, et si possible le .com et le .fr.
Pour la domiciliation, si c’est votre domicile personnel si vous n’êtes pas propriétaire, demandez l’accord de votre propriétaire.
S’il n’est pas d’accord, utilisez des sociétés de domiciliation comme Kandbaz, SeDomicilier, Regus (10-50 €/mois, avec services comme gestion du courrier ou bureaux temporaires).
Pour l’objet social formulez un objet large (ex. : « Conseil, formation et prestations en informatique et nouvelles technologies ») pour éviter des modifications si l’activité évolue.
Ne mettez pas « formateur IA », « consultant eCommerce »… qui seront rapidement dépassés (même si le risque d’avoir un procès est quasi nul).
Pour le capital social, souvent on se limite à 1 000 à 5 000, cependant n’oubliez pas qu’une société coûte cher, surtout si vous devez faire des aménagement pour un local physique.
Mettez toujours plus que prévu en capital, les délais pour générer ses premiers euros sont rarement respectés.
2. Rédiger les statuts de la SASU

- Dénomination sociale, siège social, objet social.
- Montant du capital social (fixe ou variable).
- Identité du président et ses pouvoirs (rémunération du Président, la date de clôture de l’exercice…).
- Modalités de prises de décisions, cession d’actions, dissolution.
- Les dates d’exercice, souvent au 31/12 (ou 12 mois après le début), mais vous pouvez décaler le premier exercice jusqu’à 24 mois moins un jour afin de vous laisser le temps de facturer.
- …
Ce sont des documents assez formalisés, mais il faut toujours les personnaliser selon son projet.
Incluez des clauses pour anticiper l’avenir, par exemple si le capital est fixe ou variable (le capital variable facilite les augmentations sans formalités lourdes).
Faites relire les statuts par un expert-comptable ou par une IA pour éviter des erreurs.
Une IA peut vous détecter les principaux problèmes comme l’oubli des mentions obligatoires (ex. : durée de la société, généralement 99 ans), ou les clauses sur la rémunération ou les pouvoirs du président, ce qui peut compliquer la gestion.
Important : pour que cela soit efficace, demandez à l’IA de vous poser toutes les questions nécessaires en amont, ainsi que le prompt idéal.
3. Constituer et déposer le capital social
Le capital social doit être déposé sur un compte dédié avant l’immatriculation.
Les fonds sont bloqués jusqu’à la réception du Kbis, puis libérés.
Demandez le certificat de dépôt immédiatement après le versement (délivré en 24-48h) pour lancer l’immatriculation.
Vous avez le choix sur la banques :
- Soit les banques traditionnelles (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole…), avec des frais de tenue de compte d’environ 30 €/mois (plus une commission sur les ventes)
- Soit les néo-banques comme Qonto, Shine… deux fois moins chères mais avec un service 100% en ligne.
A noter :
-
Prévoyez un fonds de roulement pour couvrir 6-12 mois de frais fixes (ex. : 3 000 € pour la comptabilité, la CFE…). Utilisez un tableur (Excel, Google Sheets) pour suivre vos flux de trésorerie.
- Si vous avez besoin ponctuellement de fonds importants (ex : acheter des machines, participer à un salon…) et que vous ne voulez pas faire entrer cet argent définitivement dans la société, utilisez le Compte Courant d’Associé (CCA) pour récupérer ensuite votre argent.
-
Simulez votre fiscalité avec des outils comme mon-entreprise.urssaf.fr/simulateurs/sasu ou Impots.gouv.fr pour estimer charges sociales et impôts. Par exemple, pour un CA de 50 000 € et une rémunération de 20 000 €, attendez-vous à payer 12 000 € de cotisations sociales.
4. Publier une annonce légale pour la création de votre SASU
Une annonce doit être publiée dans un journal habilité (JAL) du département du siège social, mentionnant la création de la SASU.
Vous pouvez utiliser des journaux comme Le Figaro, Les Echos, La Tribune, ou journaux locaux (ex. : Ouest-France dans l’Ouest)… ou les plateformes en ligne comme ActuLegale, Legalstart, JAL.fr.
Le coût est entre 135 et 200 € selon la longueur et le département.
Le support n’a aucune importance, donc n’y passez pas trop de temps… mais conservez l’attestation de parution (fournie par le journal ou la plateforme), essentielle pour le dossier d’immatriculation.
5. Constituer et déposer le dossier d’immatriculation
Le dossier complet est soumis au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ou directement au Greffe du Tribunal de Commerce pour obtenir l’immatriculation.
Le dossier comprend
-
- Formulaire M0 SASU : Téléchargeable sur service-public.fr, à remplir avec soin (code APE, régime fiscal, etc.).
- Statuts signés (original ou copie certifiée).
- Certificat de dépôt du capital.
- Attestation de parution de l’annonce légale.
- Justificatif de siège social comme un bail, une facture (électricité, internet), ou un contrat de domiciliation.
- Copie de la pièce d’identité du président (passeport ou CNI). Souvent le problème est d’avoir une carte d’identité ou un passeport périmé, vérifiez bien sa date de validité (sinon il faut attendre parfois 1 mois pour faire un document officiel).
- Déclaration de non condamnation avec attestation sur l’honneur signée par le président.
- Éventuellement un justificatif de qualification pour activités réglementées (ex. : artisanat).
Vous pouvez passer par une plateforme qui gère tout pour vous, où par une plateforme spécialisée juste dans le départ des statuts.
En revanche, vérifiez chaque document avant soumission, en particulier les dates de création, d’exercice…
6. Obtenir le Kbis et le numéro SIRET de votre SASU
Après validation du dossier, le greffe attribue un numéro SIRET, un code APE, et délivre l’extrait Kbis, preuve officielle de l’existence de la SASU.
Les délais sont 7-15 jours environ, et vérifiez les informations sur le Kbis (nom, siège, objet social, code APE).
Conservez le Kbis numériquement et physiquement (nécessaire pour contrats, ouverture de compte, ou démarches administratives).
Parfois vous devrez fournir un Kbis plus récent, dans ce cas il suffit de le rééditer via Mon identité numérique (monidenum.fr) ou les services comme infogreffe.
7. Mettre en place la gestion administrative et comptable
Une fois votre société créée, vous devez mettre en place la comptabilité.
Trouver un expert-comptable qui vous aider et vous accompagner pour les 1-2 premières années, surtout si vous n’êtes pas familier avec la comptabilité (bilan, déclarations fiscales).
Au départ, si vous optez pour la franchise de TVA, surveillez les seuils pour éviter un passage imprévu au régime réel.
RC Pro dès le départ, surtout pour des activités à risque (ex. : conseil, BTP).
Et voilà, il ne reste plus qu’à vendre !
Au final, créer une SASU, c’est simple ?
FAQ sur la création d’une SASU

Qu’est-ce qu’une SASU et qui peut en créer une ?
Une SASU est une société unipersonnelle (un seul associé) offrant flexibilité et crédibilité.
Toute personne physique ou morale, majeure, résidant en France ou à l’étranger, peut créer une SASU, sauf pour certaines activités réglementées (ex. : avocat).
Quels sont les avantages d’une SASU par rapport à l’auto-entrepreneur ?
La SASU permet de déduire les charges réelles, offre un régime social protecteur (assimilé salarié), une crédibilité professionnelle, et la possibilité d’évoluer vers une SAS.
Cependant, elle implique des frais et une comptabilité plus complexes.
Quel est le capital social minimum pour une SASU ?
Le capital social minimum est de 1 €.
Cependant, un capital de 1 000 à 5 000 € est recommandé pour plus de crédibilité auprès des banques et clients.
Quelles sont les étapes pour créer une SASU ?
C’est très simple, il y a 7 étapes
1) Définir le projet (nom, objet, siège…).
2) Rédiger les statuts.
3) Déposer le capital social.
4) Publier une annonce légale.
5) Constituer le dossier d’immatriculation. 6
) Obtenir le Kbis.
7) Mettre en place la comptabilité et les assurances.
Combien coûte la création d’une SASU ?
Les coûts varient de 500 à 3 000 € avec les statuts (0-1 500 €), l’annonce légale (120-200 €), l’immatriculation (~39,42 €), la domiciliation (0-50 €/mois), la banque (0-50 € pour ouverture).
Quels documents sont nécessaires pour rédiger les statuts ?
Les statuts doivent inclure :
- La dénomination sociale,
- Le siège social,
- L’objet social,
- Le capital (fixe ou variable),
- La durée (max. 99 ans),
- L’identité du président,
- Les règles de fonctionnement.
Qu’est-ce qu’une annonce légale et comment la publier ?
Une annonce légale est une publication obligatoire dans un journal habilité (ex. : Le Figaro, ActuLegale, 120-200 €), elle annonce la création de la SASU.
Combien de temps faut-il pour obtenir le Kbis ?
Il faut compter 7 à 15 jours après dépôt du dossier complet au greffe.
Un dossier incomplet peut retarder le processus.
Quelles sont les cotisations sociales en SASU ?
Le président (s’il est salarié) paie environ 60-70 % de sa rémunération en cotisations sociales.
Par exemple 1 200 €/mois pour un salaire de 2 000 €.












